Ce régiment est créé le 1er janvier 1675 par le comte Charles du Fay, d'où son nom à cette époque. C'est l'un des quatorze plus vieux corps de Louis XIV. Ce régiment portera successivement le nom de ses différents mestres de camp et leurs composantes sont, à l'origine, des dragons.
Historique et filiation ;
1675 : Régiment du Fay - Dragons
Dans toutes les guerres des règnes de Louis XIV et Louis XV, les dragons s'illustrèrent. Guerre de Hollande (1675/78). Ce régiment supporta le poids de la défense de la ville de Philippsbourg en Allemagne occidentale et il fut glorieux
Mestre de Camp ; Comte Charles du Fay
1678 : Régiment de la Lande
Guerre de la ligue d'Augsbourg (1688/97). Le régiment s'illustra par l'occupation de Casal, capitale du Montferat. En 1684, les dragons participèrent à la prise de la ville de Luxembourg, possession espagnole. En 1688, les dragons s'illustrèrent par la prise à nouveau de Philippsbourg et pour la défense de Mayence sous les ordres du Marquis d'Huxelles. Ils participèrent à la bataille de Staffarde. Le régiment y fut cité pour sa belle conduite.
Mestre de Camp ; Marquis de la Lande
1696 : Régiment de Vérac
Guerre de succession d'Espagne (1701/13). Le régiment se distingua à Carpi, à Chiari et à Luzzara, le 15 août 1702. Il participa à la défense des retranchements de Trino, au siège de Verrue, à Cassano en 1705, en Lombardie. Il se distingua également à Calcinato en 1706. Son mestre de camp y fut tué. Il participa, à la levée du siège de Toulon en 1707, à Malplaquet dans les Flandres en 1709.
Mestre de Camp ; Marquis de Vérac
1710 : Régiment de Caylus
Il va en Catalogne en 1711 et revient finir la guerre sur le Rhin en 1713.
1715 : Régiment de Beaucourt
1725 : Régiment de Vitry
Guerre de succession de Pologne (1733/38). Faisant partie de l'Armée du Rhin, le régiment participa à la prise de Khel et de Philippsbourg, aux combats d'Ettlingen et de Klausen. La composition du régiment au 1er novembre 1725 était ;
- 4 escadrons de 4 compagnies et un guidon chacun, soit 50 officiers, 16 maréchaux des Logis, un aumônier et 656 dragons.
- la compagnie comprenait 41 dragons, 2 brigadiers, un trompette, un tambour, un maréchal des Logis et une cornette.
Il arborait, d'après les abrégés de Léman de la Jaisse (1734/1740) : "4 guidons de soye bleue, soleil au milieu brodé en or et franges d'or"
1739 : Régiment de l'Hôpital
Guerre de succession d'Autriche (1740/48). Le régiment fut engagé dans la campagne de Bohême, il livra le combat de Sohai et défendit Prague en 1742 mais dut rejoindre la France. Envoyé en Alsace, 50 dragons résistèrent aux attaques réitérées, donnant le temps au régiment "Colonel Général des dragons" d'accourir à leur secours et faire prisonniers tous les assaillants. Le régiment séjourna sur les côtes bretonnes et défendit le port de Lorient en 1746 contre les anglais. Il fut engagé dans la défense de la ville de Gênes en Italie en 1747.
1749 : Régiment de la Ferronays
Guerre de Sept Ans ( 1756/63). Durant cette guerre, le régiment participe à tous les engagements ; à Crefeld, à Minden (Allemagne), à Corbach, à Warbourg et se bat à Willinghausen en 1761.
1762 : Régiment de Chabot
1782 : Régiment de Deux - Ponts
1788 : Chasseurs de Flandres
Le 17 mars 1788, après différentes réorganisations et appellations, le régiment prend son numéro 3 et s'appelle : "Chasseurs de Flandres". Dès cette date, le régiment hérite de la filiation du régiment des Deux Ponts.
1791 : 3e régiment de Chasseurs à cheval
1814 : Chasseurs du Dauphin
1815 : 3e Régiment de Chasseurs à cheval et dissous la même année
1816 : Chasseurs des Ardennes
1825 : 3e Régiment de Chasseurs à cheval et dissous en 1831
1831 : 3e Régiment de Chasseurs à cheval et dissous en 1924
1981 : 3e Régiment de Chasseurs
1997 : Dissous

Campagnes du 3e RCh ;
1675/78 : Hollande - 1684 : Luxembourg - 1688/97 : Ligue d'Augsbourg - 1701/13 : Sucession d'Espagne - 1740/48 : Sucession d'Autriche - 1756/63 : Guerre de Sept Ans - 1792/93 : Armée du Nord - 1794/98 : Armée de Sambre et Meuse - 1798 : Irlande - 1799/01 : Italie - 1805 : Italie - 1807 : Grande Armée - 1809 : Allemagne - 1812 : Russie - 1813 : Allemagne - 1814 : France - 1815 : Belgique - 1823 : Espagne et Morée - 1861/65 : Algérie - 1867 : Rome - 1870/71 : France - 1914/18 : Grande Guerre
LA REVOLUTION
Le 3e régiment de chasseurs à cheval est en garnison à Maubeuge, le 1er janvier 1791. Le 3e chasseurs intègre l'Armée du Nord sous les ordres du Général Dumouriez. Il combat à Stenay dans les Ardennes et à Islettes à Verdun. Il participe à la victoire de Jemmapes en Belgique, le 6 novembre 1792 en repoussant et culbutant deux régiments de cavalerie autrichienne. Aidé du 6e Hussards, il attaque, s'empare et extermine les redoutes défendues par l'infanterie hongroise. le 18 mars 1793, à la bataille de Neerwinden pourtant perdue, le 3e Chasseurs culbute les cuirassiers de Shwitz.
Le 3e Chasseurs rejoint l'Armée de Sambre et Meuse en juillet 1794, commandée par le général Jourdan. D'août à novembre 1794, le régiment participe au siège de Maëstricht et se bat avec gloire. Avec le 17e Chasseurs, il charge un millier d'autrichiens et les refoulent, le 28 septembre. A la pointe du jour, le 10 octobre, il charge à nouveau un corps de 1 800 fantassins et 200 cavaliers autrichiens et s'empare de l'ancienne redoute française, de deux canons, coupe leur retraite et leur inflige des pertes sensibles. Ayant fait des prodiges de valeur, le lieutenant Delorme est cité.
En 1795, le régiment fait partie de la division Bernadotte. Le 3e concourt à la chute de Luxembourg en juin et de Mayence, le 25 septembre, grâce au blocus du fort Cassel sur la rive droite du Rhin. Les troupes ennemies réussissant à reprendre l'offensive, le 3e Chasseurs couvrira la retraite de l'Armée. Le 3e Chasseurs s'illustrera aux combats d'Ehrenbreitstein où il écharpe les hussards autrichiens de Kaiser. Le 3e Chasseurs culbute violemment les autrichiens à Kreutznach et à Burg-Eberach entre le 16 et le 25 juillet 1796. Mi avril 1797, il débouche sur la rive droite du Rhin et est chargé d'assurer la marche avant du général Championnet. Aux ordres du Général Hoche, le 3e Chasseurs charge à la bataille de Neuwied en prenant 2 canons et en participant à la victoire. Après un passage en Belgique et dans l'ouest, il fournit un détachement au corps expéditionnaire en Irlande.
Après un 1er échec en 1796, une 2ème expédition se déroula l'été 1798 et un détachement du 3e Chasseurs, fort de 150 hommes aux ordres du capitaine Durival s'embarqua le 6 août de Rochefort sur Mer et débarqua le 22 dans la Baie de Killala. Le 24 août, il charge contre la cavalerie anglaise à Balayna avec succès. A Castlebar, il charge brillamment dans la grande rue du village et rejette l'ennemi de l'autre côté du pont. Après plusieurs charges meutrières, il le poursuit sur deux lieues. Le capitaine Durival est nommé chef d'escadrons sur le champ de bataille. le gros du régiment basé en France rejoignait l'Armée des Alpes en 1799, dans le corps du général Suchet. Novembre 1800, il participe au franchissement du Mincio à Monzambano et poursuit les autrichiens qui battent en retraite. Avec l'aide du 11e Hussards et de l'artillerie à cheval, le 3e Chasseurs charge l'ennemi et dégage la division Watrin en prenant 800 hommes, 1 drapeau et 5 canons. Le général Brune félicite en ces termes : "Le 3e régiment de Chasseurs a chargé avec bravoure".
L'EMPIRE
La composition du 3e Chasseurs, régiment de cavalerie légère, comprend ;
1 état major ;
- 1 colonel, 1 major, 2 chefs d'escadrons, 2 adjudants majors, 1 quartier maître trésorier, 1 chirurgien major assisté d'un chirurgien aide major, un artiste vétérinaire, 1 brigadier trompette et 4 maîtres ouvriers (tailleur, bottier, éperonnier, sellier)
4 escadrons de 2 compagnies ;
- 1 capitaine, 1 lieutenant, 2 sous lieutenants, 1 maréchal des logis chef, 4 maréchaux des logis, 1 fourrier, 8 brigadiers et 2 trompettes
La 1ère compagnie du 1er escadron est dite "compagnie d'élite"
Colback porté exclusivement par la compagnie d'élite identique à la Garde Impériale
Chasseur à cheval Chasseur Porte Drapeau Chasseur Trompette

Chasseurs appartenant aux autres compagnies et escadrons
Le gros de la cavalerie légère est constitué par les chasseurs à cheval qui jouent un rôle d’importance comme éclaireurs de l’armée. L’armée de l’Empire naissant compte 25 régiments de chasseurs à cheval en 1804, dont un rattaché à la garde. En septembre 1806, les chevau¬légers belges d’Arenberg sont transformés en 27e régiment de chasseurs à cheval.
En septembre 1811, sont créés les 17e et 18e régiments dont les numéros étaient restés vacants depuis 1793. Très variés, les uniformes sont unifiés par le décret du 24 décembre 1809 et les chasseurs à cheval portent désormais l’habit¬veste vert foncé avec revers de même couleur, les couleurs de distinction s’appliquant aux passepoils, retroussis et parfois au collet et aux parements.
Le rôle fondamental des régiments de Chasseurs étant l'éclairage et le renseignement. L'encadrement étant également supérieur afin de fractionner les effectifs pour pousser les reconnaissances, le plus loin possible.
Basé en Italie après la paix de Lunéville, en 1805, le 3e Chasseurs participa aux combats majeurs en Italie du Nord. La prise de San Giorgio, le 18 octobre puis la victoire de Caldiero, le 30. Un escadron du 3e monté sur des chevaux bosniaques sous les ordres du général Marmont ira en Dalmatie pour chasser les russes.
Le régiment quitte l'Italie le 5 janvier 1807 pour se remonter à Potsdam près de Berlin. Il en repart le 1er avril et arrive le 23 à Elbing à l'est de la Vistule. Accompagné du 5e et du 7e Hussards, le 3e se couvre de gloire le 9 juin à Guttstadt et à Heilsberg, le 11. Le général Lassalle cite avec éloges dans son rapport les magnifiques charges du 3e Chasseurs. Le régiment est cité au " bulletin" de la Grande Armée. Le 14 juin, le régiment lance plusieurs charges hardies et heureuses devant Koenigsberg (qui connaîtra d'autres combats, plus tard). Le 17, il culbute la cavalerie russe dans les bois et la plaine de Mehlecken. Après la paix de Tilsit en 1807, le 3e Chasseurs est cantonné en Prusse, puis en Pologne avant d'être envoyé à Francfort en réserve, jusqu'en 1808.
Le 21 avril 1809 le 3e combat victorieusement à Landshut face à l'armée autrichienne commandée par l' archiduc Charles qui retraite. Le 3 mai suivant le régiment prend une part active au terrible combat d'Ebersberg et le 12, il entre dans Vienne. Le 21 mai, il franchit le Danube et participe aux combats d'Aspern et d'Essling. Il prit part aux magnifiques charges de cavaleries légères au cours desquelles, il enfonça plusieurs carrés autrichiens en prenant plusieurs canons. Le 6 juillet 1809, le régiment charge avec succès toute la journée à Wagram.
En juillet 1812, le 3e Chasseurs participe à la poursuite du général Bagration. Il fut fortement engagé à la bataille de Mohilew sur la Dniepr face à 3 000 cosaques. Envoyé en reconnaissance, il perd un escadron. Le 15 août, le régiment se bat à Krasnoë et se distingue, méritant cette mention au "bulletin" de la Grande Armée : "la cavalerie exécuta des charges admirables, le 3e Chasseurs se distingua". Durant cette bataille, il prend 8 pièces d'artillerie, 14 caissons attelés, 1 500 prisonniers en laissant 1 000 cadavres sur le terrain. En outre, le 3e permit de dégager le 9e Lanciers Polonais en mauvaise posture. Sous les ordres directs de Murat, le 3e Chasseurs combattit et chargea à Borodino rétablissant une situation compromise.
Après la retraite de la Moskowa, la Grande Armée s'était effrondrée et la situation était devenue très difficile au 1er semestre 1813. Le 3e Chasseurs appartenant au groupement principal était sous les ordres directs de Napoléon. Le 21 mai, le régiment se distingua une nouvelle fois à Bautzen où les troupes coalisées furent battues et contraintes à la retraite. Le 23 septembre au cours de la bataille de Löwenberg, le 3e Chasseurs se distingue à nouveau. Le 18 octobre, le 3e se distingua particulièrement au village de Probstheyda malgré la trahison des troupes saxonnes et würtembergeoises. Le colonel Royer y perdit la vie.
Pendant la campagne de France, le 3e Chasseurs sous les ordres du général Bordesoulle combat avec brio lors d'un décrochage, le 2 février du côté de La Rothière. Le 10, il sabre les carrés ennemis, le 17, il sabre un carré bavarois à Valjouan, il culbute un escadron prussien qu'il poursuit et sabre l'infanterie ennemie. Durant cette période le chasseur Busselot fut nommé sous lieutenant, sur le champ, après avoir foncé sur un carré d'un bataillon ennemi en faisant prisonnier un prince et en le conduisant à l'Empereur. Le régiment s'illustra également à Belleville et Clichy.
A la 1ère Restauration, le 3e Chasseurs devient le régiment du Dauphin et redeviendra le 3e Chasseurs en 1815 pendant les "Cent Jours".
A la bataille de Waterloo, le 18 juin, le 3e Chasseurs chargea avec le 5e Lanciers sur la cavalerie anglaise de Vandeleur, culbute les hussards de Brunswick et pousse jusqu'à l'état major de Wellington. En fin de journée, l'armée Napoléonienne n'avait plus de cavalerie.
De retour sur la Loire, le 3e Chasseurs est licencié fin 1815.
Il arborait, d'après les abrégés de Léman de la Jaisse (1734/1740) : "4 guidons de soye bleue, soleil au milieu brodé en or et franges d'or"